Mesure de la Pression Artérielle

Mesure de la Pression Artérielle2012-11-26T10:07:32+00:00

 

I-4. Mesure de la pression artérielle :

 

I-4-1. Enregistrement polygraphique de la mesure de pression artérielle

Cette étape des travaux pratiques a pour but d’analyser et comprendre les mécanismes et les phénomènes permettant de déterminer, de façon non vulnérante, la pression artérielle. Le principe est la transmission à travers les tissus mous (essentiellement les muscles) jusqu’à l’artère, de la pression établie dans un brassard pneumatique installé autour du segment de membre (figure 4).

 

 

Figure 4 : Principe de la mesure de la pression artérielle par la palpation du pouls et à l’aide du stéthoscope.

 

–          Lorsque la pression dans le brassard est supérieure à la pression systolique, l’artère reste collabée (de section aplatie, le flux étant interrompu) pendant tout le cycle cardiaque. Aucun son n’est audible dans le stéthoscope, et aucun pouls n’est décelable en aval.

–           Lorsque la pression dans le brassard est intermédiaire entre la pression artérielle systolique et la pression diastolique, l’artère, collabée en diastole, s’ouvre temporairement en systole, et l’écoulement sanguin, au travers du segment artériel rétréci, est turbulent et bruyant. Un bruit (souffle) est alors audible au stéthoscope, et le pouls réapparaît en aval.

–          Lorsque la pression dans le brassard est inférieure à la pression diastolique, l’artère reste « ouverte » pendant tout le cycle cardiaque, et l’écoulement du sang ne provoque pas de turbulence, donc pas de bruit audible au stéthoscope, tandis que le pouls est perceptible en aval.

 

A – Lancement du programme et configuration

–          Mettre en route l’ordinateur. Attendre la fin de lancement de MS Windows®

–          Cliquer sur l’icône « StudentLabPro »

–          Le logiciel est alors lancé.

–          Dans le menu « File », cliquer sur « Open » et ouvrir le fichier-modèle (avec l’extension .gtl) « Mesure PA Sphygmo.gtl ». L’écran ci-dessous est alors visible.

 

 

–          Sur le panneau frontal du boîtier MP30, brancher le microphone électronique sur la voie 1 (première à gauche), le capteur de photopléthysmographie sur la voie 2, et le capteur de pression raccordé au sphygmomanomètre (tensiomètre à brassard) sur la voie 4.

–          Mettre en place le brassard sur le bras du sujet, lequel doit être en position allongée, membre supérieur étendu le long du corps. Le brassard doit être ajusté sans serrer, sur le bras nu (retirer les manches de vêtements susceptibles de gêner la pose du brassard ou de comprimer le bras).

–          Placer le capteur de photopléthysmographie sur la phase palmaire de la dernière phalange de l’index ou du majeur, en ajustant l’attache velcro sans serrer.

–          Placer le microphone (stéthoscope électronique) en regard de l’artère brachiale, juste en dessus du pli du coude, en dedans du tendon du biceps, et le maintenir en place en le calant sous le brassard.

 

B – Enregistrement

–          Le sujet doit être immobile, calme et détendu, l’avant-bras reposant sur la table.

–          Vérifier la qualité du signal plétysmographique en commençant l’enregistrement : appuyer sur la commande « Start » (en bas à droite). Un signal pulsatile de bonne amplitude doit apparaître sur la voie 2. Si ce n’est pas le cas, arrêter l’enregistrement (commande « Stop »), repositionner le capteur, et recommencer.

–          Si le signal pléthysmographique est de bonne qualité, gonfler rapidement le garrot pneumatique. Le tracé montre l’ascension régulière de la courbe de pression sur la voie 3.

–          Augmenter ainsi la pression jusqu’à une valeur de 200 mm Hg environ (plus si le sujet est réputé hypertendu). La courbe de pléthysmographie disparaît alors.

–          Dégonfler alors lentement et progressivement le garrot. La courbe de pression décroît progressivement.

–          Poursuivre le dégonflage lent jusqu’à 0. Arrêter alors l’enregistrement (« Stop »). Un graphique comparable à la figure suivante est alors visible.

 

 

C – Mesure

–          Vérifier, à l’aide des menus déroulants, la configuration des fenêtres de mesure, alignées dans la partie haute de l’écran.

–          Sélectionner ainsi successivement, dans la première fenêtre, la voie « 4 » et l’affichage de la valeur « max », et pour la deuxième fenêtre la voie « 2 » et l’affichage de la valeur « min ».

–          Utiliser alors l’outil de sélection (I) pour griser toute la partie du graphique sur laquelle la voie 1 montre la présence d’un signal sonore intense capté par le microphone (ce sont les bruits de Korotkoff). Noter que l’apparition de ce son coïncide approximativement avec la réapparition du signal pléthysmographique sur la voie 2.

–          Lire alors les valeurs de pression systolique (ici 135,2 mm Hg) et diastolique (ici 88,4 mm Hg).

 

 

 

I-4-2. Mesure sphygmomanométrique de la pression artérielle

La technique de mesure de la pression artérielle habituellement utilisée en pratique clinique quotidienne utilise le principe décrit ci-dessus, et fait donc appel à un brassard pneumatique associé à un manomètre, constituant un « tensiomètre » ou « sphygmomanomètre ». Trois types de tensiomètres sont disponibles :

  • à colonne de Mercure,
  • à manomètre,
  • électronique

Le garrot pneumatique a pour fonction d’établir, autour de l’artère, une pression susceptible de la comprimer (l’écoulement sanguin, devenant alors turbulent, produit un souffle), puis la collaber (l’écoulement sanguin est alors interrompu).

Appliquer le garrot pneumatique (brassard) le plus haut possible sur le bras nu (retirer tout vêtement pouvant gêner la mise en place du brassard ou comprimer le membre). Le brassard, dégonflé totalement, doit être ajusté autour du bras sans exercer de pression.

 

 Méthode palpatoire :

Rechercher le pouls de l’artère brachiale (ou humérale) ; immédiatement au-dessous du brassard, à l’aide de l’index de la main gauche, tandis que la main droite manipule la poire de gonflage et le robinet. Fermer le robinet de décompression et gonfler le brassard, pour obtenir une pression nettement supérieure à la pression artérielle systolique présumée (le pouls n’est alors plus perçu). Ouvrir légèrement le robinet par intermittence, de façon à diminuer progressivement, par petits paliers, la pression dans le garrot pneumatique jusqu’à réapparition du pouls brachial (ou huméral). Noter alors la pression mesurée, qui correspond à la pression systolique ou maxima.

Les mêmes résultats peuvent être obtenus par palpation du pouls de l’artère radiale.

 

 Méthode auscultatoire :

Placer la membrane du stéthoscope en regard de l’artère brachiale (préalablement palpée) immédiatement en dessous du brassard. Procéder de la même façon que précédemment. Lorsque, au dégonflage du garrot, la pression devient inférieure à la pression artérielle systolique, un souffle apparaît en raison de la turbulence que provoque l’écrasement transitoire de l’artère lorsque la pression du garrot surmonte la pression artérielle. La pression lue lors de l’apparition de ce souffle correspond à la pression systolique ou maximale. Le souffle disparaît lorsque la pression dans le garrot pneumatique devient inférieure à la pression artérielle diastolique ou minimale, c’est-à-dire, lorsque l’écoulement sanguin n’est plus interrompu.

 

I-4-3. Mesure de la pression artérielle aux membres inférieurs et calcul de l’IPS :

 

Mesure aux membres inférieurs

La pression artérielle systolique doit être mesurée aux membres supérieurs et inférieurs, des deux côtés.

Pour les membres inférieurs, utiliser seulement la méthode palpatoire, en examinant l’artère tibiale postérieure ou l’artère dorsale du pied. S’aider, si nécessaire, de la sonde Doppler de 8 MHz. Le garrot pneumatique est placé autour du mollet, au niveau de son plus fort diamètre. Mettre en route l’appareil (interrupteur situé sur la face arrière, à proximité du câble d’alimentation électrique), sélectionner, sur la face avant, la sonde de 8 MHz, et régler, par le potentiomètre, le volume sonore. Une goutte de gel de transmission des ultrasons doit être interposée entre la sonde et la peau. La sonde doit être maintenue fermement (la main de l’opérateur prenant appui sur la peau du sujet, sans toutefois comprimer l’artère), et orientée selon un angle de 40 à 60° par rapport à la surface cutanée (et l’axe de l’artère examinée). L’artère tibiale postérieure se trouve, à la cheville, en arrière de la malléole interne. Le son pulsé marquant l’écoulement sanguin artériel disparaît au gonflement du garrot pneumatique, et réapparaît brusquement lorsque la pression dans le garrot devient inférieure à la pression systolique.

Noter que la pression mesurée (pression lue au moment de la réapparition du pouls ou du signal Doppler) est celle de l’artère située au-dessous du garrot, et non celle de l’artère palpée.

 

 Calcul de l’Indice de Pression Systolique (IPS)

Chez un sujet sain, allongé horizontalement, la pression artérielle systolique mesurée aux membres inférieurs est normalement supérieure à la pression artérielle systolique mesurée aux membres supérieurs. En effet, la paroi artérielle aux membres inférieurs est dotée d’une couche musculaire plus épaisse, de compliance moindre, qu’aux membres supérieurs. Son rôle d’amortisseur de la pulsatilité est donc moindre. Le rapport [pression systolique aux membres inférieurs/ pression systolique aux membres supérieurs] ou indice de pression systolique (ou encore indice « cheville / bras ») est, chez le sujet normal, supérieur à 1 (en général compris entre 1,1 et 1,2). Cet indice diminue lorsque les axes artériels des membres inférieurs sont atteints de lésions obstructives (artériopathie). Par contre, l’augmentation de la rigidité de la paroi artérielle, rendant l’artère partiellement ou totalement incompressible, peut fausser la mesure de pression artérielle, et donner alors des indices faussement élevés. Une telle augmentation de la rigidité artérielle pariétale se rencontre dans certaines maladies qui provoquent des calcifications de la média (diabète, insuffisance rénale chronique…).

 

Décubitus et Orthostatisme :

Les mesures ayant été effectuées, sur l’artère brachiale et l’artère tibiale postérieure, chez le sujet allongée en décubitus dorsal strict, seront alors répétées chez le sujet en position debout. Mesurer d’abord la pression systolique tibiale postérieure à la cheville, en s’aidant de la sonde Doppler (pendant la mesure, le sujet prend appui sur la jambe controlatérale, afin que le mollet reste relaxé). Mesurer ensuite la pression systolique brachiale.